Séparation / divorce

Tout savoir sur le divorce

 

Histoire du Divorce en France.
Statistiques.
Pourquoi ce Stress lié à la Séparation ?
Attention : Danger !
Quelques conseils sans prétention.


En préambule, peut être êtes vous déjà divorcé, séparé, ou en train de vous y préparer ?
Dans ce cas, vous approchez probablement la quarantaine et vos parents la soixantaine, sinon plus. Eux font partie des générations qui ont encore assez peu divorcé, alors que 90 % se sont mariés, et votre éducation ne vous a généralement pas vraiment préparé à votre situation.
Aujourd'hui, les divorcés et séparés ne sont plus à proprement parler une minorité.
Plus nombreux que les homosexuels, ils sont moins organisés et moins visibles. L'une des raisons est que cette expérience se vit plus dans la douleur que dans la joie. Ce qui engendre plus de repliements sur soi-même que de manifestations extraverties.

La séparation, le divorce, la recomposition de la famille ne sont pas des phénomènes nouveaux.

L'exemple le plus souvent présenté, dans les ouvrages qui traitent ce sujet, est celui de Napoléon et Joséphine ( elle a 6 ans de plus que lui et déjà deux enfants issus d'un premier mari décédé ). Après 14 années de mariage, ils ont divorcé en 1810.

Par ailleurs, à notre connaissance, aucune étude ne précise que les couples et leurs enfants aient été plus heureux avant le développement du divorce. La dépendance financière de la femme, l'adultère fréquent des époux, les rudes conditions de travail de l'industrialisation, l'alcool et les maladies ne faisaient pas toujours de la famille un havre de paix. Il suffit de lire quelques auteurs de cette époque pour s'en convaincre.

Pourquoi serait il plus difficile, par ailleurs, d'être enfant de divorcés que d'être victime d'autres maux bien plus dangereux ?
Le maintien artificiel du couple peut aussi être préjudiciable en cas de brouilles incessantes ! Le seul soucis de garder aux enfants des parents mariés ne peut apporter de réponse suffisante.

Il ne s'agit pas d'une maladie honteuse. Nous sommes nombreux, et que nous devrions nous organiser un peu mieux pour ne pas nous replier sur nous même.
Enfin, de nombreux couples vivent amoureusement et en harmonie jusqu'à leur séparation naturelle, et nous pensons que la beauté de cette union vaut largement quelques efforts individuels et une bonne ouverture aux autres. Nous ne souhaitons pas faire l'apologie de la famille éclatée.

A) Histoire du Divorce en France :

Pour faire très simple, disons que le divorce a évolué au même rythme que l'emprise de la religion sur l'Etat.
Rupture juridique de l'union conjugale, le divorce est déjà cité dans la Bible, assorti de réserves.
Mais les Evangiles en refusent l'idée, sauf en cas d'adultère ou de non-consommation, et donc de faute, car le mariage est un sacrement. Le principe est alors l'indissolubilité.
Il est probable qu'il s'agissait en partie d'une réaction à l'abus des Romains. Car ceux ci avaient accès au divorce par consentement mutuel, mais utilisaient beaucoup le divorce-répudiation !
Ce dernier était à sens unique, au profit du mari qui disposait ainsi de sa femme.

Le divorce réapparaît vraiment avec la révolution. Les philosophes et les humanistes y sont favorables et développent des idées nouvelles :
Pouvoir casser le mariage permettra de relancer la natalité ; Il faut supprimer ce pouvoir de la religion sur d'individu ; Le mariage n'est qu'un contrat qui doit pouvoir trouver une fin...
Ainsi, après quelques années, un mariage urbain sur trois finira par une séparation légale.

Le retour de la monarchie, en 1816, restaure la religion d'Etat. Le divorce, “ poison révolutionnaire ” est de nouveau interdit, et le mariage redevient indissoluble.
Ce n'est qu'après l'instauration de la 3ème république que Naquet reprend, en 1884, l'idée de mariage-contrat. Malgré la séparation de l'église et de l'Etat, en 1901, la loi ne changera pas notablement durant près d'un siècle( sauf durant la seconde guerre mondiale ). Une procédure, assez simple, mène les époux au tribunal et, après une tentative de conciliation, le juge décide du bien fondé de la demande et déclare le divorce aux torts de l'un ou des deux conjoints. Puisqu'il s'agit de torts, le principe est celui de fautes, à prouver par l'un ou les deux demandeurs, ce qui ne manqua pas de créer des situations tantôt tendues, tantôt burlesques en cas d'arrangements.

Dans le cadre des modifications du droit familial, après 1968, la loi du 11 juillet 1975 intègre enfin la notion de divorce par consentement mutuel. Dès lors, il n'est plus obligatoires de prouver, ou d'inventer, les fautes de son conjoint.
Pour plus de détails sur la législation actuelle, lisez les explications de Maître Catherine Ribay de Villeneuve.
L'évolution du nombre de divorce, qui s'accélère déjà depuis 1965, ne cesse alors de grimper.

B) Statistiques :

L'âge moyen de 1er mariage ne cesse d'augmenter, Il est maintenant de 31 ans pour les hommes, et 29 pour les femmes (2008). Ces chiffres peuvent être comparés à ceux de 1960 : 25 et 23 ans.
En effet, certains jeunes quittent le foyer parental plus tard ( allongement des études et de la recherche du premier emploi ). Par ailleurs, la cohabitation prénuptiale, le concubinage, augmente depuis 1970, couvrant la baisse du nombre de mariage.
Le nombre de couples non mariés est monté de 446.000 en 1975, à 2,4 million en 1998 ( 1,3 sans enfant ). Leurs enfants représentaient 11 % des naissances en 1980, pour 50 % en 1998, mais ne justifient plus le mariage, ne serait ce que civil. En 1996, 112.000 enfants ont cependant assisté à l'union de leurs parents.

Aujourd'hui, 1 couple marié sur deux divorce en région Parisienne, et un sur trois en Province. C'est entre les 3ème et 7ème années que le nombre de divorces est le plus élevé.
Pour 250.000 mariages en 2009, le même nombre qu'en1993, il y avait 130.000 divorces, plus les séparations de couples non mariés ( 2 Pacs pour 3 mariages en 2009, en constante évolution ).
Tout cela représente, pour le mariage, une baisse de près de 40 % en vingt ans, et pour les divorces une hausse de 100 %.
Statistiques supplémentaires sur les divorcés en C).

10 ans après le jugement, seuls 10 % des enfants de divorcés voient encore leurs pères.

De nos jours, le remariage de l'un au moins des époux représentait plus de 20 % des unions civiles, pour 8 % en 1974. Cependant, le pourcentage de divorcés qui se remarient ( 20 à 25 % d'entre eux ) est en baisse, au profit donc de l'union libre, du célibat, ou du foyer monoparental.

Données : INSEE, Ministère la justice, Internet.

C) Pourquoi ce Stress lié à la Séparation ? :

2,4 millions de couples n'étant pas mariés, nous traiterons plutôt de la séparation que du divorce.
Dans l'échelle des causes de stress viennent en premiers le deuil, la séparation, le licenciement et le déménagement.

Il est donc facilement compréhensible que la séparation, et le déménagement cumulé qui en découle en général, soient à l'origine d'un stress particulièrement intense.
Rappelons que la majorité des femmes, s'il y a des enfants ( 66 % des cas ), continuent à habiter le même lieu. elles ont en général le droit de garde ( 76 % ), et perçoivent une pension alimentaire ( 73 % ). Par ailleurs, dans 70 % des cas, ce sont elles qui ont demandé le divorce. 15% des enfants sont en garde altérnée.

Sans parti pris, il faut donc admettre que c'est plus souvent l'homme qui déménage, se retrouve dans un nouveau lieu, sans repère et sans histoire, et séparé de ses enfants. Le stress est alors logiquement plus fort pour lui.
Pour rappel : Le stress est constant chez l'être humain, comme la température, mais il y a des hausses en cas de pressions extérieures plus intenses. Le corps sécrète alors des hormones, dont l'adrénaline et la cortisone, ce qui entraîne certains comportements : Angoisses, obsessions, phobies, consommation excessive de café ou d'alcool… (attention : le stress peut tuer !)

Les conséquences d'un changement sont, elles aussi, assez connues :

Soit le changement est désiré, par exemple changer de voiture ou de coupe de cheveux, et vous l'intégrerez tellement vite que vous en oublierez comment était votre vie avant, soit ce changement n'est pas désiré. ( Admettons que la séparation n'est en général souhaitée par aucun membre du couple au moment de l'union, même si elle est souvent souhaitée par au moins l'un des deux à la désunion ! ).
Là, les choses se compliquent. En effet, vous allez passer par différentes phases, plus ou moins sévères et longues, selon la cause et la personne :

- Le Refus de comprendre : “ Comment en sommes nous arrivés là ? ”, “ Comment ai je pu faire deux fois la même erreur ? ”, “ Mais pourquoi fait il cela ? ”...
- La Résistance : “ Puisque c'est comme ça, je vais l'ignorer ! ”, “ Je ferai tout pour que ça rate ! ”, voire : “ Je vais lui faire payer ça ”... Dans le cas des séparations, la résistance peut entraîner le refus de payer une pension, ou l'enlèvement des enfants, par exemple.
- La Décompensation ou Dépression : “ J'en ai assez, rien ne va normalement ”, “ Je ne veux plus voir personne, je n'ai plus goût à rien ”... Cette situation, exacerbée, peut aller, chez certains, jusqu'à la tentative, réelle ou non, de suicide.
- La Résignation : “ De toute façon, je n'ai pas le choix ”, “ Il faut bien continuer à vivre ”...
Passer du stade de la dépression à la résignation n'est pas systématique. Il est fréquent, dans le cas du décès d'un enfant notamment, de rester bloqué toute sa vie entre le refus de comprendre et la dépression.
- L'Intégration enfin : “ C'est le passé ”. Le changement est finalement accepté. La personne “ fait le deuil ” de la situation précédente et recommence à construire l'avenir, à faire des projets.

Souvent, durant les deux premières phases, le ou la concerné en parle à tout le monde, et ne pense plus qu'à ça.

Que vous subissiez un changement non souhaité, ou que ce soit quelqu'un de votre entourage, gardez à l'esprit ce cheminement. Cela vous permettra de mieux comprendre les réactions, et de mieux y faire face :

Refus de comprendre : Il ne sert à rien d'argumenter tant que la personne n'a pas passé cette phase. La seule solution est de répéter de façon différente la décision prise, de faire réfléchir ( sans argumenter ) et d'être patient.
Résistance : Evitez la confrontation ! Rassurez, invitez la personne au calme et faîtes relativiser.
Décompensation : Soyez positif, empathique. Dialoguez, aidez à réfléchir.
Résignation : Félicitez, positivez. Développez l'enthousiasme jusqu'à l'intégration.

Ceux qui se séparent indiquent en général que le deuil correspondant prend plus d'un an !
Plusieurs mois, voire années s'écoulent en effet entre la dégradation de la relation, la décision et la fin de la procédure. De plus, chaque rendez vous chez l'avocat ou au tribunal, le déménagement, la perte des références religieuses ou sociales, la séparation des enfants sont autant de changement non désirés, créant chacun un cycle. Une succession de cycles plus ou moins forts a lieu.
Comme la procédure, à elle seule et si tout va bien , prend 9 à 16 mois: faîtes le compte !

D) Attention : Danger !

Le 1er risque me semble d'oublier les enfants. Je ne parle pas des cas où ceux-ci sont pris à parti, servent d'otages ou seulement sont témoins de disputes, car il est difficile de pouvoir réparer les dégâts.
Mais, même dans les séparations amiables, les enfants doivent vivre leur propre cycle du changement, et faire leur deuil d'une situation qu'ils n'ont pas choisi de changer. Ils sont autant sujets au refus, à la résistance...
Ne pas en tenir compte, ne pas analyser et soutenir ces enfants, revient à hypothéquer leurs chances d'équilibre, leurs succès scolaires, leurs propres références sociales...
Soyez en contact

Le 2ème danger évident, c'est que durant cette période de stress et de cycles, votre entourage personnel, mais aussi professionnel, peut être fortement perturbé. Si la séparation est très conflictuelle, avec demande de divorce pour faute par exemple ( obligation de fournir des preuves, des attestations ), il est même fréquent d'assister à l'explosion du cercle relationnel du couple.
Ne vous imaginez pas que votre stress, votre résistance, n'aura pas d'impact au travail.
A moins que vous n'ayez que de faibles contacts avec autrui, les conséquences peuvent être dramatiques si vous rencontrez des clients, des fournisseurs ou, par exemple, si vous managez des projets ou du personnel.

Le problème, c'est que si vous “ perdez les pédales ” au travail, et en dehors, vous risquez de tout casser en même temps.
Comme nous l'avons vu, si vous rajoutez le licenciement aux stress précédents, il vous faut devenir surhumain pour résister.
Nous vous proposerons dans la rubrique suivante quelques conseils.

Quelques conseils sans prétention.


- Divorcez par consentement mutuel ( 56 % des cas ). De toute façon, 90 % des divorces pour faute le sont aux torts partagés. Il ne sert donc pas à grand chose de se battre.

- Trouvez des accords de bon sens, pensez à l'avenir, faites réaliser des contrats logiques ( 50 % des divorces retournent au tribunal ).

- Pensez à toujours préserver les enfants ( 15 % des enfants ont des parents divorcés, soit près de un sur six ). Gardez ou laissez votre ex-conjoint garder le contact.
Et n'oubliez pas que s'ils veulent la fin d'une situation de crise, ils ne souhaitent pas la séparation de leurs parents. L'enfant se sent abandonné par celui qui est parti, et par celui qui est éventuellement moins disponible sur le plan affectif. Expliquez leur qu'ils gardent deux parents, qui les aiment autant qu'avant.
Un exercice simple nous a permis, à mon ex-femme et à moi, de montrer à nos jeunes enfants que nos relations avec eux ne changeaient pas. Il s'agissait de tendre un ruban entre les deux parents, de les attacher, par exemple autour de la taille, et d'expliquer que ce ruban représente l'Amour. Vous reliez ensuite chaque parent à chaque enfant, et les enfants les uns aux autres. L'amusement est déjà garanti si vous savez y mettre un peu d'humour !
Ensuite, vous leur expliquez que leurs parents se respectent beaucoup, mais ne s'aiment plus “ comme un papa et une maman ”, et vous coupez le ruban entre les parents.
Puis vous leur demandez d'expliquer ce qu'ils ont compris. Bien sûr, l'Amour existe toujours entre chaque parent et ses enfants ! Ne dégradez jamais l'autre. Un jour, ils jugeront d'eux même.
N'oubliez pas que votre enfant aussi change de vie : 2 maisons, les valises, les différents repères qui se modifient. Accompagnez le !

- Pensez aussi à vous. Si besoin, faîtes vous suivre par votre médecin traitant. Un peu de vitamines, ou de quoi bien dormir peut être utile, si employé intelligemment, en cas de coup de blues prononcé.


- Autant que possible, soyez très attentif à vos proches, sécurisez les sur votre état mental. Sans verser dans le “ tout va très bien, Madame la Marquise ”, essayez de donner une image normale.
Peu de personnes savent écouter avec une réelle bienveillance les soucis des autres. Gardez ce rôle à vos bons amis.
Si besoin, tournez vous vers un professionnel, psychothérapeute par exemple, pour faire un point, démêler les ressentis des faits...

- Ne vous enfermez pas, profitez du temps disponible pour refaire du sport, pour rencontrer de nouvelles personnes, pour intégrer une association d'entraide ou de loisir. De nombreuses activités non coûteuses existent. S'il n'y en a pas, créez un Celi-club dans votre région ).

Il faut réagir très vite, dès la séparation, au lieu de remettre à plus tard ( “ pour l'instant, je ne veux voir personne ” ).
L'âge moyen au moment du divorce est de 43 ans pour les hommes, et 41 pour les femmes. Maladies cardio-vasculaires et espérance de vie aidant, il y a 3 femmes divorcées non remariées pour 2 hommes.
Selon l'INSEE, il y avait plus d'1 million de foyers monoparentaux en France en 1987. Nous serions 1,8 millions maintenant. Vous êtes entourés, sans le savoir peut être, d'hommes et de femmes dans votre situation.

LB



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